04 - Place des anges et rue de l'hôpital



Voir aussi les documents joints :

  • Les déconvenues d’un hôpital au XVIIeme siècle ou le « squat » de l’hôpital


     
  • Renaissance

 



Au dessus de vous se trouvent des angelots gravés sur la façade au XVIeme siècle. Les motifs et l’ornementation sont caractéristiques de la Renaissance et de ses inspirations antiques qu’incarnent Michel-Ange, Lescot, Goujon, Cousin… Leur situation dans la partie supérieure de la maison serait elle aussi, une allusion à certaines fresques et décorations des palais religieux de Mantoue ou Ferrare? Au-dessus des hommes et du propriétaire de la maison, les anges symboliseraient la liaison apaisée entre le ciel et la terre.

 

Détail de la porte de l’hôpital




L’hôpital était installé dans cette rue. La porte d’entrée que vous apercevez à une vingtaine de mètres sur votre droite en était l’un des accès.
Durant les guerres de religion, cet hôpital fut agrandi, sur ordre de Louis XIII puis de Richelieu quelques années avant « la paix d'Alès » (1629).


 

Un hôpital au Moyen Age

 

Richelieu






 

Les déconvenues d’un hôpital au XVIIeme siècle ou le « squat » de l’hôpital



En 1683, le consul du bourg d’Aouste somme Simon Chabert, un boulanger, de restituer l’usage de l’hôpital. En effet cet artisan s’était accaparer de l’hôpital pour entreposer ses fagots de bois ainsi que pour le parcage des porcs.

(AM GG 11-103 de 1683)



« De la part des sieurs consuls et communauté du lieu d'Aouste ensuite ce la délibération du 10° du présent mois de mai, remontrent à Sr Simon Chabert boulanger du dit lieu que de tout temps immémorial les dits consuls et communauté ont joui du privilège de l'hôpital du dit lieu pour mettre à couvert les pauvres passants , que le dit lieu étant sur le Grand Chemin où passent les troupes de sa Majesté allant et venant d'Italie, et que tous les jours s'arrêtent dans le dit lieu des soldats estropiés ou malades, et que les dits consuls n'ont autre lieu pour les reposer, et qu'il est absolument nécessaire qu'ils en jouissent pour cet effet au préjudice de ce , le dit Simon Chabert s'est emparé de celui-ci et usurpé contre tout droit et raison et le tient incessamment rempli de bois , fagots et autres choses, même y a fait coucher diverses fois des troupeaux de pourceaux que les marchands "pourcatiers" (porchers) allant et venant des foires qui logent dans son cabaret conduisent , ce qui est extrêmement sensible aux dits consuls et communauté de souffrir telles choses dans un lieu où entièrement on a fait le saint service divin et célébré la sainte messe, ce qui les oblige de sommer , requérir et interpeller le dit Chabert de leur vider le dit hôpital et laisser la paisible jouissance à la dite communauté pour s'en pouvoir servir en tant que de besoin à l'effet que dessus sous l'offre que le dit hôpital soit sujet à quelque pension de la payer si de droit et en décharger le dit Chabert envers tout ce qu'il appartiendra, autrement et à défaut de ce les dits sieurs consuls protestent contre le dit Chabert de l'indu refus et de tous dépens, dommages et intérêts et de le poursuivre par toutes voies de droit et généralement protestent de tout ce qu'ils peuvent et le doivent de droit après les trois jours de délai et même et de lui faire donner compte de la dite usurpation depuis l'année 1676 qu'il s'en est emparé contre tout droit et au préjudice de la dite communauté. Requérant les dits consuls que le présent soit intimé et signifié au dit sr Chabert, aux fins qu'il ne prétende cause d'ignorance, par le secrétaire greffier de cette communauté sous protestation des frais de la présente sommation , fait au dit Aouste ce 10 mai 1683.»

Pour les consuls d'Aouste, Aymar secrétaire


« Par moi Jean Pierre Aymar secrétaire de la dite communauté du lieu d'Aouste , la copie de l'acte ci dessus et présente signification a été intimée et signifiée au sr Simon Chabert avec lecture que je lui ai faite de mot à mot avec les sommations , réquisitions et protestations y contenues aux présences de sr Jean Ogier maître recteur des enfants et de Pierre Freychet habitants du dit lieu , le dit Ogier signe non le dit Freychet pour ne savoir de ce enquis et requis, à Aouste le douzième mai mil six cent quatre vingt trois.
Le dit Chabert m'a requis de garder le présent pour y répondre dans le temps suivant l'ordonnance. »

J. Ogier et moi Aymar secrétaire


« Du lendemain matin le dit sr Chabert répondant au susdit acte a dit sans que (.....?) à l'approbation de celui-ci qu'il n'est pas vrai , a répété qu'il ait usurpé le lieu en question ni qu'il n'en ait fait un mauvais et indiscret usage car il n'a joui de celui-ci que depuis l'année 1681 qu'il lui fut arrenté par sr Estienne Martel commis à la recherche des hôpitaux, maladières et lieux pieux par contrat reçu par Maître Raspail le 14 mars de la même année auquel il en a payé la rente et comme son terme et fini et que d'ailleurs il ne veut pas entrer en aucune contestation avec les dits srs consuls il déclare qu'il est prêt de leur vider comme il fait et de leur en délivrer la clé sauf décharge et à condition qu'ils le garantiront de toute sauveté avec le dit sr Martel au moyen de quoi ne consent aucune chose qu'il lui soit préjudiciable ni aux protestations dont au dit acte et fait les siennes contestations et s'est signé pour sa réponse tant seulement. »

Chabert, Aymar secrétaire


Contrôlé au bureau de Crest le 13 mai 1683 F 31 N°123 Brénet
Hôpital 12 mai 1683
Original pour les consuls et communauté du lieu d'Aouste contre Sr Simon Chabert boulanger
N° 1 passé au compte du dit Bouroulet pour 1L