16 – L’Église

 


Voir aussi les documents joints :
 

  • La construction de l'actuelle église d'Aouste
  • Les églises d’Aouste




EPOQUE CONTEMPORAINE



Les matériaux composant l'église contemporaine ont de nombreuses origines :

 

  •  Les bases de la façade, les contreforts et les piliers intérieurs sont en pierre de Chomérac.
  • Sur ces bases, la bâtisse est en pierre de St Paul.
  • Les voûtes, les arceaux et les nervures sont en pierre de Mirabel et Blacons.
  •  Les piliers du clocher sont en pierre de Tarascon. La flèche est en pierre d’Arles.
  • A l’intérieur, les colonnes des autels sont en marbre des Alpes Maritimes, des Pyrénées et de Constantinople.
  •  Les vitraux ont été réalisés à Lyon.
  •  L’abside de l’église est considérée comme « une des plus élégantes » dessinée par l’architecte lyonnais Bossan bâtisseur de Fourvière, Ars, La Louvesc... . Celui-ci définissait ainsi son travail d'architecte:« c'est du style greco-romano-gothico !». Bossan a, ici, travaillé avec le cabinet d'architecte Rey de Valence .
  •  De vives couleurs caractérisent un imposant chemin de croix.
  •  Les portes en chêne datent du XVIIeme siècle.


La construction a coûté 272 649 francs (de 1870), en partie payée par un emprunt obligatoire.

En 1987, l’église a retrouvé ses couleurs originelles.






 



 
 


Drapeau de la victoire hissé au sommet du clocher de
l'église Notre Dame de l'Assomption, le jour de la
Libération en 1945





 

 



 

Plan projet du curé en 1875 ( projet non retenu)



Voir aussi les documents :

1- Documents transmis par M. J. Béranger : « recueil de notes concernant l’église d’Aouste » .
     « notes concernant la réparation de l’église d’Aouste 1989 ».
2 - Document transmis par L Sacilotto à la mairie d’Aouste :
    « Décompte général des travaux de construction de l’église paroissiale et du clocher ».
3 - Aouste : archives révolutionnaires et 1L 1.
4 - Archives Communales Aouste MN 24.
5 - Abbé A.Vincent, Aoste, Imprimerie M. Aurel, 1856, réimpression Lacour éditeur, Nîmes,1890.
6 - « état financier-nouvelle cure »  document de M. Baudoin.



 

La construction de l'actuelle église d'Aouste



 

Aouste sans église en 1873
Sur cette photo ne figure ni l’ancienne église démolie en 1862 ni l’église actuelle construite en 1878. C’est une remise de M. Tavan, rue de Charencon, qui sert d’église pendant 16 ans.




La deuxième partie du XIXe siècle est marquée, en France, par de profonds changements politiques, économiques et techniques. à Aouste, l’utilisation de machines à vapeur dans les papeteries et l' installation de nouveaux fours à chaux vont transformer l’économie. La création du « chemin de Grande circulation de Saint-Jean-en-Royans à Nyons », la route impériale n°93 (actuelle R.D.93), la voie ferrée, puis l’usage de l’électricité publique vont modifier l’urbanisme et même les mentalités.
à partir de 1857, de nombreux, longs et difficiles débats agitent la commune : Où doit- on construire l’église, la mairie, l’école, la poste, le pont et la voie ferrée ?
 
Les curés de paroisse ont toujours été témoins et acteurs des transformations des villages. Une copie de registre paroissial d’Aouste (125 pages) (1) et la copie du « décompte général des travaux de construction » (2), ainsi que les archives communales nous fournissent de précieuses informations sur l’édification de l’église. Le registre tenu par l’abbé Ruchon de 1869 à 1906 et ensuite par l’abbé Chodier comporte des remarques, classées par années, sur la vie religieuse à Aouste et sur les communes alentours, mais aussi des remarques sociologiques (en 1862 la population aoustoise est « dite difficile et légère » alors que le curé la trouvera « sympathique, parfaitement chrétienne, généreuse jusqu’au dévouement ». Le texte est parsemé de remarques énergiques sur la politique nationale ou internationale (1870, 1880), les décrets contre les congrégations religieuses (1901, 1905, etc.) ou sur le tremblement de terre de 1901 à Saoû. Des considérations plus générales animent le texte : des remarques sur les luttes à propos des écoles privées de garçons et de filles, et sur « l’instruction gratuite et obligatoire : Folle utopie ! Poignée de poussière jetée aux yeux des populations » ou sur la libre circulation des chemins de fer qui « moyennant une redevance dérisoire » sous « prétexte de favoriser le bien du peuple » sert « les députés et les sénateurs », et l’on apprend aussi la cause supposée de la mort de Gambetta… Il est aussi plaisant de lire les notes sur les pèlerinages à Jérusalem. Nous avons aussi des jugements, acides, sur « les ministres de l’instruction publique et des cultes » alors que, durant la 1re partie du XIXe siècle, le préfet était chargé de nommer et de contrôler, avec l’aide du maire, l’action des curés…(3).

L’église d’Aouste se trouvait, depuis le début du XVIIIe siècle, vers l’actuelle place de la Poste, en partie sur l’emplacement du temple détruit en 1682 (sur ordre du «  prélat courtisan » Daniel de Cosnac évêque de Valence) …et à proximité d’une inscription romaine aux dieux mânes ! Durant la Révolution, elle était devenue temple de la Raison avant de retrouver son utilisation normale (3).
L’accord de principe du préfet pour la construction d’une nouvelle église datait de 1843 (4), la réalisation sera un peu plus tardive.

« En 1862, on construisait un nouveau pont sur la Drôme - à la place du pont roman - il fallait créer une avenue pour arriver à la route départementale » ceci nécessitait la destruction de l’église qui était en mauvais état « révélant les conditions de misère et de provisoire, qui, au dix-septième siècle, présidèrent à sa construction, défauts qui doivent être attribués autant à l’ignorance de l’art chrétien qu’à la pénurie du budget municipal…»(5).

De 1862 à 1878, les célébrations catholiques ont lieu dans une remise prêtée par un protestant « du côté de Crest », et ne « pouvant recevoir que 300 à 400 personnes », d’où la nécessité de dire deux messes les dimanches et jours fériés.

Un arrêté préfectoral de 1872 autorise les études pour l’édification d’une église. Il y eu de nombreuses et houleuses discussions sur l’implantation de la nouvelle église : cinq emplacements ont été étudiés, vers le cimetière ou au centre du village. La proposition retenue fut de mettre en perspective l’église et le pont, au nord de la rue de l’Allée, mais cette idée impliquait de trop nombreuses expropriations ; finalement, les divers propriétaires des bâtiments situés vers la rue de Surville seront expropriés en 1879… et la perspective peu respectée (4). Une souscription publique de 200 donateurs (le curé a noté les noms et les sommes données par les aoustois ou les personnes extérieures – tous catholiques sauf un protestant - rapporte 27 164 francs auxquels s’ajoutent 1 200 francs de l’État. La commune, pour permettre l’achèvement de l’église, contractera plusieurs emprunts successifs auprès de la population dont un de 18000 francs d’une durée 17 ans, celui-ci sera remboursé par un impôt spécifique à partir de 1880 (4).

Les étapes de l’acquisition du terrain et de la construction (… des fondations à 5 mètres de profondeur, sur le rocher) sont minutieusement décrites : la population est aussi invitée à participer gratuitement aux travaux, ainsi 89 personnes consacrent « 229 journées et demie employées aux fondations de l’église » (4). L’architecte est Rey de Valence associé à Bossan célèbre architecte lyonnais, et l’on retrouve à Aouste des éléments comme les colonnades qui marquent de nombreux édifices religieux dessinés par Bossan. (Bossan débuta la construction de la basilique d’Ars en 1862, celle de La Louvesc en 1864 et Fourvière commencée en 1872 fut achevée en 1884).

Nous disposons de toutes les informations sur les difficultés, la valeur technique des matériaux ; de la construction et de l’aménagement intérieur de l’édifice : les murs sont en pierres issues de la carrière de Serre-Mean sur la route de Suze-sur-Crest, les piliers intérieurs, les contreforts sont en pierre de Chomérac, les piliers du clocher sont bâtis en pierre de Saint-Paul, la flèche en pierre d’Arles, les voûtes en briques creuses, les nervures en ciment moulé. Les portes ont été taillées dans des poutres de l’ancienne église de Saint-Michel (Drôme) datant du XVIe siècle. Les colonnes intérieures sont pour le chœur taillées dans le granit de Mâcon et pour les chapelles et le porche dans la pierre de Chomérac. Les colonnes des autels ont été dressées dans le marbre des Alpes Maritimes (pour le maître autel), le marbre de Constantinople (autel de St-Joseph), le marbre des Pyrénées (autel de la Ste-Vierge).Le récapitulatif des 4 devis de construction du bâtiment indique la somme de 61757,41 francs. Les vitraux ont été fabriqués à Lyon par Ganevat, payés par une loterie 2119 francs, ceux du chœur représentent Saint-Paul et les papes Pie IX et Léon XIII. La première cérémonie eut lieu en 1878.

La foudre tomba sur le clocher en 1886 ; en 1894, la cloche originelle datant de 1754 chuta dans le clocher le 16 juillet, elle fut remplacée par une cloche fondue dans les ateliers Paccard à Annecy-le-Vieux, celle-ci, à la « suite d’une sonnerie défectueuse » se cassa en 1899 et fut remplacée en décembre par une cloche pesant 1 052 kilos et financée par la générosité des paroissiens ; « le bon Dieu le leur rendra » note le chanoine Rouchon. Le coût total de la construction et des divers aménagements intérieurs est de 84 147 francs (1).
 
Plus tard, en 1987, un « nettoyage complet et réparation » (électricité, chauffage, boiserie, peinture) de l’église fut entrepris et dura plusieurs mois pour un coût total de 468 012 francs (en partie payés grâce aux aides municipale et départementale et un emprunt de l’évêché). Il a permis de donner à l’édifice les couleurs pimpantes et harmonieuses que nous pouvons voir aujourd’hui.
 

 

  • La cure actuelle a été construite de 1913 à 1916, le coût du terrain de M Charnier était de 2000 francs, le coût de la construction  de 12 239 francs. L'entreprise Sibourg a effectué les travaux (6). C’est l’abbé Béroud, curé de 1913 à 1935, qui en a supervisé la construction, (et aussi la construction de la « salle du patronage », salle rénovée en 2000). La rénovation extérieure de la cure a eu lieu en 2010.



Notes

1- Documents transmis par M. J. Béranger : « recueil de notes concernant l’église
d’Aouste » .
     « notes concernant la réparation de l’église d’Aouste 1989 ».
2 - Document transmis par L Sacilotto à la mairie d’Aouste :
« Décompte général des travaux de construction de l’église paroissiale et du
clocher ».
3 - Aouste : archives révolutionnaires et 1L 1.
4 - Archives Communales Aouste MN 24.
5 - Abbé A.Vincent, Aoste, Imprimerie M. Aurel, 1856, réimpression Lacour
éditeur, Nîmes,1890.
6 - « état financier –nouvelle cure »  document de M. Baudoin.
 
 

René Descours



 
La chapelle de Saint Alban au sud d'Aouste en 1910 ...
 

…. et aujourd’hui




 

Les églises d’Aouste





Tout d’abord un aperçu du christianisme dans la Drôme, de son apparition jusqu’à la Révolution.


1. Première évangélisation

Le christianisme est d’ancienne implantation dans notre région. C’est au IIIe siècle que le christianisme s’introduisit dans cette partie de la Gaule, d’abord le long du Rhône puis vers les vallées. Ses premiers temps furent obscurs, incertains;

La plus ancienne création d'évêché, dans ces territoires, est sur le territoire voconce, dans le tiers sud-est du département : d'abord Vaison, dont un évêque est présent au Concile d'Arles (314), puis Die qui envoie un évêque au Concile de Nicée (325).

La légende qui attribue l’évangélisation de Valence à des disciples de Saint Irénée, à la fin du IIe siècle, est généralement considérée par les historiens comme plausible. Saints Félix, Fortunat et Achillée, fondateurs de l’église de Valence furent mis à mort par ordre de Cornelius, l’un des généraux de l’empereur Marcus Aurelius Antoninus , surnommé Caracalla.

Les sièges épiscopaux apparaissent entre la fin du IIIe siècle et le début du Ve . St Nicaise, évêque de
Die, - seul évêque gaulois - signe au concile de Nicée en 325 ; Verus siège à Vienne en 314 ; Saint
Emilien accueille le premier concile de Valence en 374.

Et, s’il faut attendre 517 pour trouver un document sûr attestant un évêque à Saint-Paul, la tradition
liturgique a gardé la mémoire de ses prédécesseurs.

2. Sous les invasions

Les évêques de la vallée du Rhône connaissent l’épreuve de nombreux passages d’envahisseurs. A la fin du Ve et au début VIe siècle, brillent les figures d’Apollinaire à Valence et de son frère Avit à Vienne : défenseurs de la cité, ultimes témoins d’une romanité un peu précieuse, ardents témoins de la foi catholique face à l’arianisme dominant, missionnaires auprès des Barbares, ils sont les artisans
du concile d’Epaone (Albon ?) qui, en 517, réorganisa l’Église en Burgondie.


3. Le Moyen-Age

Le Moyen-âge vit fleurir les monastères, dont un demeure encore vivant aujourd’hui : Aiguebelle, fondé en 1137. La ville de Valence garde mémoire de celui de Saint-Ruf, chef d’Ordre international
de plus de 800 chapitres canoniaux de la Norvège et l’Islande à la Grèce et au Portugal. Un Drômois, Hugues de Romans, évêque de Die, puis de Lyon, fut comme légat du Pape le redoutable promoteur de la réforme grégorienne en Gaule. En 1080, il propose comme évêque de Grenoble un chanoine de Valence : Saint Hugues de Châteauneuf-sur-lsère qui, avec son ancien maître Saint Bruno, fonde, en 1083, la Grande Chartreuse.

En 1095, se rendant au conseil de Clermont, le Pape Urbain II consacre la cathédrale de Valence dont l’évêque Gontard - autre agent de la réforme grégorienne - vient d’entreprendre la construction.

Le XIIeme s. vit se manifester, dans un monde en profonde mutation, les bienfaits de la réforme monastique de Citeaux : autour de Jean, abbé de Bonneveaux au diocèse de Vienne, apparaissent Amédée d’Hauterives, cousin de l’empereur, qui se fait frère convers et participe à la fondation de l’abbaye de Léoncel, et Hugues de Châteauneuf qui devient le deuxième abbé du nouveau monastère, ainsi que leurs familles, pépinières de saints. Saint Jean sera évêque de Valence de 1141 à 1145, tandis que Saint Hugues deviendra à son tour abbé de Bonnevaux, "la mère des saints". En 1275, le Pape Grégoire X, ancien clerc de Valence, unit les diocèses de Valence et de Die pour les protéger des prétentions des comtes du Valentinois. L’union durera jusqu’en 1687. La fin du Moyen-Âge reste marquée par la figure de Béatrix d’Ornacieux, religieuse cartusienne, témoin de la mystique de son temps.

En 1452, le Dauphin Louis II (futur roi Louis XI) fonde à Valence une Université qui compte une faculté de théologie.

4. Réforme et Contre-Réforme

La Réformation sera l’occasion de terribles combats. Elle est introduite dans un premier temps par le clergé (Michel d’Arande, évêque de Saint-Paul en 1526, et Pierre Gay, prêtre de Die à la même époque).

Les premiers pasteurs valentinois apparaissent autour de 1555.

Dans un climat de guerres et d’exécutions, 38 Églises réformées sont "dressées" dans ce qui constitue l’actuel département de la Drôme. Elles seront balayées par l’Edit de Fontainebleau qui, en 1685, révoque celui de Nantes.

Le XVIIe et le XVIIIe siècles sont ceux de la Réforme catholique. Des évêques réformateurs (les Suares à Vaison, les Gelas de Lébéron à Valence et Die) s’appuient sur un courant spirituel que, dans la suite du concile de Trente, servent de nouvelles congrégations (Visitation, Ursulines, Récollets, Capucins, Missionnaires du Saint-Sacrement, Dames Trinitaires). Ils animent des laïcs formés par les "missions", regroupés en confréries et associations, dirigent un clergé renouvelé par l’institution du séminaire (en 1639, quatre ans avant Saint-Sulpice) et la formation permanente (les "Conférences"). Un homme et une femme symbolisent cet effort : Christophe d’Authier de Sisgau (+ 1667) et Marie de Valence (+ 1648).

5. La Révolution et le XXe siècle

La Révolution frappe de plein fouet des églises florissantes.

Le choix ou le refus de l’adhésion à la Constitution civile du clergé blesse gravement l’unité des catholiques. Les églises paieront leur tribut au martyre (religieuses exécutées à Orange, prêtres déportés ou fusillés).

En 1799, le Pape Pie VI, prisonnier, meurt à Valence.

Le Concordat, créant le nouveau diocèse, le confie à un ancien constitutionnel : Fr. Bécherel qui, appuyé sur Jean-Joseph Mézard, ancien sacramentin, vicaire général et conscience du diocèse, va réorganiser l’Église.

Et Aouste …

Depuis le début de la christianisation de notre région, le village d’Aouste sur Sye a connu quatre églises ainsi que chapelles et prieuré sur son territoire.

- L’église paroissiale Saint Christophe, citée de 1142 jusqu’en 1736, située à l’ouest et hors les murs de la ville. Cette église menace ruine en 1664 lors de la visite épiscopale de Daniel de Cosnac (AM GG 11-3) nécessite une réparation du coté gauche de la nef et mise en place de tuiles du toit manquantes. Elle sera remplacée par une nouvelle église en 1704, l’église sous le vocable de Notre Dame de l’Assomption ; elle était implanté sur la place actuelle de la Poste.

- L’église et prieuré de Saint Pierre, cité aussi dans la même bulle papale de 1142, mentionné encore en 1664 lors d’une visite épiscopale mais ne sont plus mentionnés lors de la visite épiscopale du 17 avril 1736 de l’évêque de Die, Daniel-Joseph de Cosnac. Ces bâtiments ne figurent plus sur l’état des immeubles du clergé en 1789.

- L’ église Notre Dame de l’Assomption construite en 1704/1705 sera consacrée le 30/11/1735 par l’évêque de Die Daniel-Joseph de Cosnac. Elle sera construite sur l’emplacement de l’ancien temple
détruit en 1682 sur ordre de Daniel de Cosnac . Cette église devenue vétuste et menaçant ruine sera démolie en 1862 suite à une délibération du conseil municipal du 29 mai 1862. (voir annexe I)

- L’actuelle église Notre Dame de l’Assomption sera édifiée durant une période s’étalant de 1862 à 1878. (voir le document « La construction de l’église actuelle d’Aouste »)

Les divers actes suivants mentionnés dans les archives en attestent leurs existences.

La plus ancienne mention des églises d’Aouste est celle de la bulle papale du 26 avril 1142, le pape Innocent II confirme à Guillaume, abbé d’Aurillac, la possession des églises Sts Pierre et St Christophe d’Aouste et leurs dépendances. « Innocent II confirme à Guillaume, abbé d’Aurillac, la possession des églises d’Aspres, Saillans, St-Marcellin d’Embrun, St Marcellin in valle de Veyriera, St Jean de Brulana (Autanne), St Jean de Castello Fano, Ste Marie de Bourières (Bourieras, St- …..de Lesches, (Laicas, Sts Pierre et Christophe d’Aouste (Augusta) et leurs dépendances. » (Regeste dauphinois – Tome f 2 - 3675)

Le 11 octobre 1300, à Aouste, l’archevêque de Vienne octroie à Aimar de Poitiers, comte de Valentinois, et à son fils Aimar, chevalier, l’absolution de l’excommunication portée contre eux à raison des dommages qu’ils avaient causés à son église.(Regeste Dauphinois Tome 3)

Le 29 avril 1328, une nouvelle charte de privilèges accordée aux habitants de Saillans par Guillaume de Roussillon, évêque et comte de Valence et Die est signée dans le verger du prieuré de St Pierre d’ Augusta, le vendredi après St Georges ... (Archives départementales de la Drôme E 14953 ; Regeste Dauphinois Tome 4)

En Avignon, le 10 janvier 1339, le pape Benoit XII confère à Arnaud Chaleasii, moine d’Aurillac, le prieuré d’Aouste (Augusta), ordre de St Benoit, diocèse de Die, dépendant du monastère d’Aurillac, diocèse de St Flour, et soumis au prieuré de Saillans, diocèse de Die (S. Fiori!), taxé à 80 livres viennoises, vacant par la résignation ( - Abandon en faveur de quelqu’un; démission d’un bénéfice dans les mains du collateur* ou du pape - ) de feu Ponce Chalafii, par permutation avec le prieuré de Saint Nazaire le désert, diocèse de Die (S. Fiori!), avec remise des fruits indûment perçus. (Regeste Dauphinois Tome 5 ; Vidal J. M Benoit XII, Lettres communes II, 135, N°6581)

*collateur :Celui qui avait le droit de conférer un bénéfice ecclésiastique


Le 10 mai 1346 , la fondation d’une chapellenie dans l’église St Pierre d’Aouste par Arnaud, bourgeois de Crest, est mentionnée sur un acte reçu par Hugues du Pré. De même, le 5 septembre 1348, un acte de fondation dans l’église Saint Pierre d’Aouste est écrit par Guillaume d’Auberives.
( Die, Bibli. De Fontgalland, chapelles du Diois ; Regeste Dauphinois Tome 6)

Le 15 avril 1349, à la demande de P. de St Martial, Pierre Lagenesta, bachelier en décrets, reçoit le prieuré d’Aouste, diocèse de Die, dépendant du monastère d’Aurillac (dont le collateur est le prieur de Saillans), réservé le 10 juillet 1347 du vivant du prieur Arnaud Callassii. (Graëff, Clément VI et la province de Vienne, n°1186 ; Regeste Dauphinois Tome 6)

Entre 1452 et 1459, procuration ad resignandum donnée à Perrin, de Besset, etc., par Louis de Pinet
prieur de Saillans, dépendance d’Aurillac, auquel il a fait unir le prieuré Saint Pierre d’Aouste et définitivement rattaché en 1535. (Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790 d’André Lacroix - E 2188)

Le 13 septembre 1509, en l'église de St-Pierre d'Aouste, située près et hors de ce lieu. Ordre d'envelopper de pièces de soie et d'étiqueter séparément les reliques ; de mettre les vitres qui manquent à l'église, et de réparer les autres ; d'aplanir le sol du cimetière, d'en refaire les murs, et de
mettre des trappes à chaque entrée pour empêcher les animaux d'y aller. Louis Taillefer, prieur du prieuré de St-Pierre-et-St-Christophe, de l'ordre de St-Benoit, et Gilles de Voresio, commandeur de St-Antoine de Brisans, se disent exempts des visite et procuration, et promettent d'en donner preuve.
(Bulletin de la Société d'Archéologie et de Statistique de la Drôme - Tome 16 - 1882)

Le 30 novembre 1550, une transaction est passée entre le sieur Gandelin, prieur de St Pierre d’Aouste et les consuls et habitants au sujet des dîmes qu’il lèvera sur le blé et les lioux en gerbes, en raison d’une part sur 20 ; en cas de réparations nécessaires à l’église de St Pierre , les habitants en paieront les deux tiers et le prieur le tiers restant;le service divin sera fait par le prieur ou son délégué, avec le curé, le cloîtrier et un clerc qu’il nourrira et entretiendra ; il fournira le luminaire et les habitants l’huile de la lampe ; les 4 setiers de blé, autant de seigle et d’orge qu’il donnera seront distribués en pain à la porte du prieuré, de la Toussaint à la Saint Jean.
(Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790 d’André Lacroix - E 13547)


Chapelle Saint Alban

Deux extraits des archives paroissiales d’Aouste concernant la chapelle de Saint Alban :

• Le 21 août 1716, procès-verbal du don de l'habit d'ermite à Jean Donis, natif de Chemilly enAuvergne par Aymon, curé d'Aouste, sur son désir « de vivre en bon et vrai solitaire dans l'ermitage de Saint-Alban » et d'y rester avec son père.
• Le 13 juin 1733, sépultures de Mourgues, ermite de Saint-Alban, natif du Forez;

Il existait aussi une autre chapelle nommée Notre Dame de la Rousse signalée comme étant déjà en ruines, et notifiée sur un procès verbal du 17 avril 1736 lors de la visite épiscopale de Daniel-Joseph de Cosnac évêque de Die. (AM GG 11-11), bien qu’en 1789 le terrier de Notre Dame de la Rousse produisait 33 livres.(AM GG 11-16 ).







 

Annexe I
Extrait des délibérations du conseil municipal du 29/05/1862 adoptant la démolition de
l’ancienne église

 

Page 1

Page 2