23 – Rue de la croisière – ancien péage


Voir aussi les documents joints :
 

  • La route de l'étain
  • Péages
  • La mansio
  • Voies anciennes



    De l’Antiquité au XVIIIeme siècle



    Depuis 500 av J.C., la cité se trouvait sur une des branches de la route grecque de l'étain (entre Nantes et la Méditerranée). La traversée de la Drôme se faisait à gué, parfois très difficilement.
    A l'époque romaine, après l'installation d'un pont, d’une largeur de 4 mètres permettant le croisement de deux chars, l'entrée sud du village s'effectuait par cette rue.

    Du XIIIeme au XVIIIeme siècle, un péage servait à payer les frais de réparation de la voie d’accès et du pont victimes des crues torrentielles de la Drôme - qui parfois emportaient aussi une partie des remparts et des maisons -

    A partir du 17ème siècle, l'étroitesse de la rue pose des problèmes de circulation!

    A l’époque il était courant d’entendre : « Qué dins Osto vô possa. Tré jours dovan do se prepara », ce qui signifiait « Qui doit passer à Aouste. Trois jours durant doit s’y préparer ».

 
Péage


 
LA ROUTE DE L'ETAIN





Sur cet axe antérieur Nord Sud, Auguste, désireux de centraliser l'empire, installe un relais de poste pour la liaison Valence – la voie Agrippa- et Montgenèvre (une des routes de la Voie des Alpes), le pont romain, construit ici en pierres, permet de renforcer les échanges économiques administratifs et militaires avec le sud. Des accords avec les chefs voconces garantissaient la sécurité des déplacements. On peut raisonnablement estimer à 800 personnes, au minimum, la population gallo-romaine à la fin du IIIéme siècle (mais on ne connaît pas l'étendue d'Augusta Vocontiorum!). La cité se situerait aussi sur «l'itinéraire n° 15 ou Chemin appelé Gontardin ou Costardin dans les textes médiévaux ou modernes» reliant Montélimar – et la voie Agrippa – à la Drôme par le bassin de la Valdaine . Le reliquat d'assise du pont romain, en aval du pont actuel, atteste que lors de la construction, le lit de la Drôme était au même niveau qu'actuellement. Le pont reposait sur une assise d'environ 6 mètres de largeur. Avant l'an 1000, les changements climatiques et la déforestation provoqueront des apports de galets qui surélèveront considérablement le lit de la rivière. La villa romaine étant, elle, installée un peu à l'écart de la voie, comme le conseille Caton (-244, -149): «Si possible qu'elle soit au pied d'une colline, qu'elle soit exposée au midi, dans un endroit salubre. Qu'il y ait abondance de main d’oeuvre et un bon abreuvoir; qu'il, y ait à proximité une ville importante ou la mer ou un cours d'eau où circulent les bateaux, ou une bonne route fréquentée ( De l'agriculture 1,3). Pendant presque 2000 ans, venant du sud, piétons, muletiers, chariots et soldats entrent dans la cité par l'actuelle rue de la Croisière.





 
PEAGES


 
Reproduction d’un pont à péage


L’origine des péages en Gaule remonte aux Romains. On les nommait aussi travers, chaussée, rouage, barrage, pontenage, port ou passage. Ils avaient pour objet de pourvoir aux dépenses de construction et d'entretien d'ouvrages nécessaires à la circulation. D’autres péages apparurent avec l'anarchie féodale et étaient des perceptions purement fiscales, souvent des exactions plus ou moins déguisées, au profit des seigneurs propriétaires de fiefs.
Sans ces péages dédiés aux routes, la presque totalité des ponts et autres ouvrages destinés à franchir les passages difficiles, qui furent construits en France jusqu'au XVIIe siècle, n'auraient pas existé. Les autres ressources, accidentelles et précaires, précédemment citées eussent été insuffisantes.
Mais, après la construction, il fallait entretenir, réparer et surtout reconstruire. Les nombreux récits de chutes de ponts construits au Moyen Âge accusent leur peu de solidité, surtout dans les fondations, et l'inexpérience de leurs constructeurs. D'ailleurs, soit à cause de cette inhabileté pour les maçonneries, soit à cause de l'insuffisance des ressources ou de l'éloignement et des difficultés de transport des matériaux, beaucoup de ponts se faisaient en bois et demandaient ainsi souvent à être renouvelés.
Or les réparations et les reconstructions ne se faisaient pas, bien que les péages continuaient à être perçus.
Ainsi à Aouste, le 30 juin 1747 une importante crue de la Drôme emporte la culée du pont et une arche de la rive gauche privant la communauté d'Aouste ainsi que les communautés environnantes de moyens de communication entre Montélimar, les Baronnies et le Diois. Les consuls d’Aouste, dans l'incapacité financière de la communauté de supporter une telle charge, sollicitent l'Intendant, suite au constat des dégâts, demande la permission d'imposer sur les Trois Ordres et de percevoir un « droit de pontonnage » sur les « étrangers » (c'est à dire les usagers hors communauté d'Aouste) durant 10 ans. Cette demande ne sera pas suivie d'effet.
Ainsi les péages, nés du besoin de faciliter la circulation, sont devenus un de ses principaux obstacles et ont justifié l'antipathie prononcée qui a survécu en France à leur généralisation et à leurs abus.
Une cause non moins grave de l'impopularité durable qui s'est attachée aux péages, c'est qu'ils n'étaient pas acquittés également par tout le monde. Il y avait des privilèges d'exemption de péages, comme il y eut plus tard, en même matière de voies publiques, les privilèges d'exemption de corvée. L'article 196 de l'ordonnance sur la police générale du royaume, du 25 mai 1413, s'efforce de réduire ces privilèges aux officiers de la couronne et des grands seigneurs en service actif.
Outre le détournement des produits des péages au profit personnel de leurs possesseurs, il existait encore un autre abus, qui naquit sans doute le plus souvent à la faveur des troubles et des guerres civiles, ou qui fut le fruit d'intrigues et d'obsessions dont le pouvoir ne savait pas assez se défendre : c'était l'établissement de péages sans concessions régulières. Les édits et les ordonnances les signalent, pour les déclarer toujours illégitimes et pour les abolir.
Il faudra encore un siècle et la volonté énergique de Colbert pour mettre de l’ordre dans le royaume et aboutir que le produit des péages routiers soit enfin affecté à la route et ses ouvrages.


 
Péage d’Ancône (26) au XVII°s


Nota :


Il résulte des renseignements fournis par une affiche de 1772, que la route actuelle de Valence à Gap, avait des péages à Crest, Aouste, Pontaix, Aix et Luc, et que sur celle de Montélimar à Beaurepaire, les voyageurs en trouvaient à Auriple, Crest et Vaunaveys. Quant à Cobonne, Gigors, Montclar, Soyans et Saint-Nazaire-le-Désert, ils devaient exister sur d'anciens chemins peu fréquentés, comme Ansage, Le Pêcher, Omblèze et la Vacherie. Celui de Lus-la-Croix-Haute rançonnait les voyageurs et les marchands allant de Gap à Grenoble.







 
LA MANSIO


 
Reconstitution illustrée d’une mansio


Une mansio (pluriel : mansiones) est un gîte d’étape situé le long d’une voie romaine à l’époque de l'Empire romain. Le terme dérive du verbe manere, signifiant s’arrêter, rester.
Gérées par l’administration centrale, les mansiones étaient mises à la disposition des dignitaires et des officiels. Le but de ses structures était de garantir aux voyageurs officiels un service confortable dans un établissement destiné au repos. La mansio était sous la direction d’un officier dit mansionarius.
Les grandes voies de communications terrestres, construites d’abord dans l’empire perse, étaient jalonnées de haltes chaque 15 ou 18 milles pas, distance correspondant à un jour de voyage, et aménagées de caravansérails ou khan comme on en trouve encore en Orient. Selon Hérodote, il y en avait 111 sur la route de Sardes, en Asie Mineure, à Suse (Élam), en Perse.
Sur les routes romaines la distance entre mansiones était analogue à celle des routes de l’empire perse. À l’origine, elles étaient appelées castra, étant probablement de simples lieux de campement refermés par des tranchées de terre. Avec le temps, elles deviennent non seulement des casernes et des dépôts de provisions (horrea) pour les légions, mais aussi de grands édifices pour l’accueil des voyageurs de haut rang. Dans ces endroits, les cisiarii proposaient à la location ou pour porter à destination des dépêches gouvernementales des chars à deux roues (cisia) ou à quatre roues (essea).
Pour satisfaire les autres équipages de voyageurs, d’autres formes d’hébergement de nature privée se développèrent :

 
  • les cauponæ accueillaient les voyageurs ordinaires. De qualité inférieure aux mansiones, elles étaient souvent douteuses et malfamées.
  • d’une qualité d’accueil supérieure, les tabernæ (auberges) étaient destinées à une clientèle patricienne. Avec l’expansion de l‘empire romain, elles se diffusèrent aussi, mais toutes n’étaient pas de bonne réputation. Une des meilleures auberges était la Tabernæ Caediciæ à Sinuessa sur la via Appia. Elle offrait un grand choix de marchandises avec outres de vins, fromages et jambons.
  • les mutationes étaient des postes de relais destinés aux véhicules et aux animaux. On pouvait y louer les services des charretiers, maréchaux-ferrants et des equarii Medici (vétérinaires). L’empereur Tibère, utilisant ces haltes pour un relais de char, réussit à couvrir en seulement 24 heures les 500 milles séparant l'Illyrie (côte est de l'Adriatique) de Mogontiacum (Mayence) où son frère Nero Claudius Drusus agonisait pour une gangrène à la suite d'une chute de cheval.
L'Anonyme de Bordeaux, ou Itinerarium burdigalense est un itinéraire datant de Constantin Ier. Il mentionne dans l’ordre les mansiones de Bordeaux à Jérusalem avec les mutationes intermédiaires, et autres sites importants : civitates, vici, et castella. Les distances entre lieux consécutifs sont données en lieues gauloises puis en milles romains.

 
Plan d’une mansio




 

VOIES ANCIENNES



Quatre documents mentionnent et attestent le positionnement de Aouste sur Sye sur les voies anciennes qu’elles antiques ou romaines. Il s’agit de :
 
  • La Voie des Alpes
  • L'Anonyme de Bordeaux (Itinéraire cde Bordeaux à Jérusalem)
  • La Table de Peutinger
  • Le réseau viaire antique du Tricastin et de la Valdaine


1 - Voie des Alpes

La Voie des Alpes est une voie romaine de la Gaule joignant Valentia (Valence) au Montgenèvre en passant par Die, Luc-en-Diois, le col de Cabre, Gap et Briançon. De la Gaule vers l'Italie, le point de départ de la Voie des Alpes se trouve à Valence à la bifurcation avec le grand axe routier rhodanien de la Via Agrippa. Le tracé traverse ensuite la plaine de Valence, suit le défilé de la Drôme, entre le massif du Vercors et les Alpes du sud. Il se poursuit ensuite au pied du massif du Dévoluy en longeant le Petit Buëch. Il rejoint la vallée de la Durance après avoir longé la limite sud du massif des Écrins. Il suit cette rivière jusqu'au col du Montgenèvre ou il franchit les Alpes pour parvenir à Suse en Italie.

Les Romains tirèrent parti de cette voie naturelle de pénétration en Gaule que constituait le couloir rhodanien. Mais l’heureuse distribution des cours d’eau de la vallée du Rhône, louée par Strabon dans sa Géographie (IV, 1, 2), permit la création, sur la rive gauche du Rhône, de nombreux embranchements en direction des vallées :

 
  • de la Durance
  • de l’Ouvèze
  • de l’Eygues
  • du Lez
  • du Roubion
  • de la Drôme
  • de l’Isère

Ces embranchements créèrent ainsi des carrefours importants comme Ernaginum (Saint-Gabriel), dans le territoire des Tricastini, où se rejoignaient la via Domitia et celle des Alpes Maritimes, ou encore Vienne, d’où l’on pouvait aller au Mont Genèvre, au Petit Saint-Bernard ou à Genève.
Valence était également un carrefour relativement important : par la voie des Alpes, qui partait de Valentia, on pouvait, en suivant la vallée de la Drôme, rejoindre Gap et Briançon. C’est d’ailleurs par cette route que Jules César arriva en Gaule en -58 et allait être très utilisée à la fin du IIIe siècle et durant le IVe siècle.

La Voie des Alpes est attestée par trois itinéraires routiers antiques :

 
  • La table de Peutinger ;
  • L'itinéraire d'Antonin ;
  • L'Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem qui, plus tardif, est plus détaillé que les deux premiers en les corrigeant et en y incluant quelques relais supplémentaires.

Les étapes de la Voie des Alpes


Dans le département de la Drôme

 
  • Valentia / Valence. Colonie fondée en 121 av. J.-C., entourée d'un rempart dont il subsiste des ruines. La ville comptait un amphithéâtre, un théâtre et des thermes.
  • Montéléger
  • Montmeyran
  • Upie
  • Vaunaveys-la-Rochette
  • Crest
  • Augusta / Aouste-sur-Sye
  • Saillans
  • Pontaix
  • Sainte-Croix
  • Colonia Civitas Dea Vocontiorum / Die. Sanctuaire des Voconces. Die devint chef-lieu de cité au Bas-Empire. Construction de remparts au IIIe siècle dont subsiste aujourd'hui la porte Saint-Marcel.
  • Pont-de-Quart
  • Recoubeau
  • Luco / Luc-en-Diois. Chef-lieu de cité des Voconces au moment de la conquête romaine. Perdit sa prédominance au Bas-Empire au profit de Die. Elle redevint alors simple étape sur la Voie des Alpes.
  • Mutatio Vologatis / Beaurières
  • Gavra Mons / le col de Cabre

Dans le département des Hautes-Alpes
 
  • Mutatio Cambono / La Beaume
  • Saint-Pierre-d'Argençon
  • Aspres-sur-Buëch. Camp romain (montagne des Eygaux)
  • Mons Seleucius / La Bâtie-Montsaléon. Agglomération secondaire et grand sanctuaire des cultes orientaux (Isis, Mithra). Lieu de la bataille entre les troupes de l'empereur Constance II et l'usurpateur Magnence en 336.
  • Mutatio Daviano / Veynes
  • La Roche-des-Arnauds
  • Vapincum / Gap. La Voie des Alpes rejoint la Via Domitia à Gap. Avant de rejoindre le col du Montgenèvre qui lui permettra de franchir les Alpes, elle passera par Chorges, Embrun, La Roche-de-Rame et la ville de Briançon.

 
La borne milliaire de l’église St Géraud à (26) Saillans, borne creusée en bénitier
 
Cette borne datant du IVème siècle après JC se trouvait sur la voie romaine allant de Mediolanum (Milan) à Valencia (Valence).Elle indique la distance de XVI MP (seize mille pas) entre la mutatio Darentiaca, relais situé à 1,5 km environ à l’ouest de l’église actuelle, et Dea Augusta (Die) soit environ 23 km.Cette borne a la particularité d’avoir reçu au moins 2 inscriptions célébrant le nom des dirigeants sous le règne desquels étaient entretenues les voies :
* Constance Chlore Auguste et Sévère César (305 à 306 après J.C.)
* Constance II Auguste (337 à 361 après J.C.)

Les bornes milliaires étaient implantées tous les 1000 pas.


2 - Anonyme de Bordeaux


L'Anonyme de Bordeaux (ou Pèlerin de Bordeaux ou Burdigalensis) est un récit en langue latine qui raconte comment un habitant de Bordeaux s'est rendu en pèlerinage à Jérusalem en l'an 333.
C'est le premier document de pèlerinage de Jérusalem, et en Terre sainte, que l'on possède. Il consiste en une liste assez sèche de stations sur les routes impériales, entrecoupées de quelques remarques sur ce que le pèlerin a vu. Les lieux sont subdivisés en points de bifurcations, haltes et villes. Dans ces localités, le pèlerin pouvait se reposer, s'arrêter, dîner ou changer de monture avant de poursuivre son chemin.

 
Itinéraire de Bordeaux à Toulouse ...
De Toulouse à Arles…
D'Arles à Milan
 


De Milan à l'Aquilée …

L'itinéraire continue en suivant des voies romaines.


Extrait de l’itinéraire de Bordeaux à Jérusalem

Le pèlerin, qui les a écrites s'était proposé, en se rendant à pied au tombeau du divin Sauveur, de satisfaire sa piété d'abord et d'être utile ensuite. Dans son long et laborieux pélerinage, il a pris pour guide un itinéraire décrit par un chrétien des premiers siècles . Suivant donc les traces de son prédécesseur, le Pèlerin de Bordeaux, qui se rendit à ,Jérusalem au temps de Constantin, il a passé sans fatigues, parfois même en courant de vrais dangers, par le midi de la France, le nord de l’Italie, l'Autriche, les états des Balkans, la Turquie d'Europe, l’Asie-Mineure, la Syrie et la Palestine, notant à chaque étape ce qui était intéressant.






3 - Table de Peutinger

La Table de Peutinger (Tabula Peutingeriana ou Peutingeriana Tabula Itineraria), appelée aussi carte des étapes de Castorius, est une copie du XIIIe siècle d'une ancienne carte romaine où figurent les routes et les villes principales de l'Empire romain qui constituaient le cursus publicus. Ce document était également connu autrefois sous le nom de « table théodosienne » (ou tabula theodosiana), nom qui fait référence à l'empereur Théodose, car, selon M. d'Aigueperse, une copie affiche des vers faits sous cet empereur.
La Table de Peutinger fut découverte en 1494 par Conrad Celtis. On ne sait ni comment l'humaniste vint en possession de ce document, ni où il a été préparé : si l'on se fie aux étapes de Celtis à cette époque, les bibliothèques possibles sont celles du chapitre cathédral de Worms, de Spire, de Colmar, de l'abbaye de Tegernsee, ou une imprimerie de Bâle. Elle porte le nom de l'humaniste et amateur d'antiquités Konrad Peutinger (1465-1547), qui la reçut en héritage de son ami Conrad Celtis en 1508. Bien qu'il fût dans les intentions de Peutinger de publier la carte, il mourut avant de mener à bien cette tâche. À la mort de Peutinger, une copie de cette carte fut exécutée à la demande de sa famille, et c'est grâce à cette copie qu'Abraham Ortelius en donna l'édition imprimée en 1598 à Anvers.
On croyait la carte de Peutinger disparue : on ne la retrouva qu'en 1714, et l'année suivante elle fut remise au prince Eugène. À sa mort en 1736, l'empereur Charles VI racheta sa bibliothèque et l'intégra au fonds de la bibliothèque impériale ; la carte de Peutinger y reçut le numéro d'inventaire Codex Vindobonensis 324. En 1863, pour assurer sa conservation la carte fut découpée en panneaux qu'on protégea de plaques de verre, remplacées en 1977 par des plaques d'acrylique.
L’originalité de la Table de Peutinger lui vaut de faire partie du patrimoine mondial de l'UNESCO au titre de son inscription au Registre international Mémoire du monde en tant que patrimoine documentaire de l'Autriche, en 2007.
La table est composée de onze parchemins conservés ; le plus à l'ouest étant perdu. Ceux-ci sont assemblés pour former une bande de 6,82 m sur 0,34 m. Elle montre 200 000 km de routes, mais aussi l'emplacement de villes, mers, fleuves, forêts, chaînes de montagnes. La table montre la totalité de l'Empire romain, le Proche-Orient et l'Inde, indiquant le Gange et Sri Lanka (Insula Taprobane), et même la Chine est mentionnée.
La première feuille représente l'est des îles Britanniques, les Pays-Bas, la Belgique, une partie de la France et l'ouest du Maroc. L'absence de la péninsule ibérique laisse supposer qu'une douzième feuille, aujourd'hui manquante, présentait l'Espagne et le Portugal, ainsi que la partie occidentale des îles Britanniques.
 
 
Table de Peutinger positionnant Aouste sur Sye




4 - Le réseau viaire antique du Tricastin et de la Valdaine


Extrait du document : https://halshs.archives-ouvertes.fr/hal-00598526/document


« L’itinéraire n° 15 correspond au chemin appelé « Gontardin » ou « Costardin », dans les textes médiévaux et modernes . Ce chemin traversait le bassin de la Valdaine depuis Montélimar jusqu’à Manas. Les prospections menées par Michèle Bois dans les collines séparant le bassin de Montélimar de la vallée de la Drôme semblent attester son prolongement en direction de l’agglomération d’Aouste-sur-Sye, mansio le long de la voie des Alpes par le col de Cabre.

À partir de la commune de Soyans, la route D. 538 permet de rejoindre Crest. Les vestiges d’un chemin muletier sur quelques centaines de mètres donnent une autre direction vers la montagne de Sainte-Colombe, où des chemins redescendant vers Aouste-sur-Sye sont visibles. Il est en effet raisonnable d’imaginer une liaison entre cette agglomération secondaire romaine citée par les itinéraires antiques et le bassin de Montélimar.

Dans le bassin valdainais, on note essentiellement des itinéraires liant Montélimar ou le couloir rhodanien avec l’arrière-pays. L’itinéraire n° 14 mettant en relation la haute vallée du Jabron, avec la vallée du Rhône participe de cet ensemble. Il en va de même pour le chemin Gontardin (n° 15) reliant Montélimar à la haute vallée du Roubion et la vallée de la Drôme au niveau de l’agglomération romaine d’Aouste-sur-Sye (Augusta), sise sur la voie des Alpes.

Le franchissement des collines séparant le nord du bassin valdainais de la vallée de la Drôme paraît varié ; les chemins mis en évidence ne sont pas canalisés par une seule vallée, mais se dispersent sur plusieurs points de passage et aboutissent sur la voie des Alpes au niveau des agglomérations antiques de Crest ou d’Aouste-sur-Sye. »




 
 
Les voies romaines du sud de la Gaule : Aouste dans le cercle





Sources :
 
  • https://fr.wikipedia.org/wiki/
  • http://eric.hurtebis.chez-alice.fr/images/gallia2.jpg
  • https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00598526