25 - Place de la mairie – Ecoles Jules Ferry- Architectures du XX°s




Voir aussi les documents joints :

  • Sur les chemins de l'école .... de 1629 à 1913
  • Le corps électoral à Aouste 1832 - 1863 ou l'apprentissage de la démocratie au XIXe siècle.
  • Consuls et Maires d'Aouste de 1625 à 2014
  • Engagement d'un professeur à Crest en 1515





XXeme SIECLE




Depuis l'avènement de la IIIeme République, la commune était confrontée à un manque de locaux scolaires ; un projet d'une école fut établi en 1881 pour deux classes de 42 élèves - garçons et filles séparés -, et d'une école enfantine de 60 élèves, ce projet n'a jamais abouti
De 1906 à 1913, l'ensemble, mairie-école est édifié au sud de la commune, le bâtiment n'a que peu évolué, on peut encore voir les lampadaires originaux. C'est un bâtiment assez habituel avec une classe pour 48 garçons et 48 filles; au centre la mairie, deux cours avec un préau et un mur séparant filles et garçons, le logement des instituteurs à l'étage, un jardin à l'arrière et un terrain de sport.
Afin de répondre à l'évolution de la population, en 1946, une école sera ouverte quartier Saint Alban puis transférée en 1961 route du Pas de Lauzens, elle est ensuite fermée en 1985.
Ici, sur l'arrière, en 1978, sera ajouté un bâtiment en béton armé accueillant les classes maternelles.
Devant ce bâtiment, mairie-école, une esplanade a été édifiée au début du XXeme siècle en surélévation par rapport à la Drôme. Elle correspond aux aménagements urbains de cette époque, c’est une promenade ombragée, avec des bancs et vision dominante sur la rivière ; c’est un lieu de sociabilité informelle à l’extérieur de l’ancienne cité, un espace éloigné des cafés et le reflet des préoccupations hygiénistes de lutte contre l’alcoolisme.
Sur le côté ouest de cette esplanade, a été édifiée, de 1936 à 1939, la « salle d’éducation populaire », un bâtiment conçu pour accueillir des représentations théâtrales avec une vaste scène et une grande tribune en plan incliné ; cette construction semble inspirée par les idées éducatives de Jean Zay. L’actuelle salle des fêtes a peu changé depuis 80 ans, elle a même gardé sa couleur originelle !



 

La mairie-école en 1920





 

SUR LES CHEMINS DE L’éCOLE …. DE 1629 A 1913

 



En France, sous l’Ancien Régime, à côté des précepteurs attachés aux enfants de la noblesse, il existait divers types d’enseignement :

•          les « petites écoles » ou écoles saisonnières ouvertes quelques mois durant l’année et payées par les communes ou les parents,
•          les écoles permanentes payées par les communes qui en avaient les moyens,
•          les écoles religieuses tenues par les Capucins ou les Frères des Écoles Chrétiennes dans les villes importantes (à Crest vers 
           1739),
•          les écoles protestantes : en 1599, Lesdiguières rappelle, à Crest, qu’un décret royal, suite à l’édit de Nantes, donne autorisation aux protestants de « tenir pédagogues en leurs maisons pour l’instruction de leurs enfants » (1). Les luttes religieuses mettront fin à cette tolérance.
•          Les écoles de filles sont moins nombreuses encore (malgré les recommandations de Fénelon en 1687). A Crest, « en 1631 les Ursulines enseignaient pour 20 sols par mois les élèves aisées et instruisaient gratuitement les pauvres » (1), il en était de même à Die. Les créances étaient réglées par les consuls d’Aouste (2). En 1777, à Saillans, l’institutrice leur enseignait « le catéchisme, la lecture, l’écriture et les travaux manuels » (3).

De 1625 à 1789, les archives communales conservent l’essentiel des versements des gages de l’instituteur (12 livres par mois en 1629, 72 livres en 1740). Elles indiquent aussi le nom des « maîtres d'écoles » successifs au XVIIe et XVIIIe siècle - maître d'école est une expression née au XVe siècle -. En 1692, puis en 1721, ces indemnités seront de 150 livres par an, et en 1724, elles sont aussi versées à la maîtresse d’école. Les documents consulaires nous fournissent aussi des informations sur les coûts du service (en 1625 : confection d'une clé, en 1637 : location d'un logement pendant huit mois, 1646 : copies de documents payées une livre, et réparations diverses : portes, fenêtres, tables, etc.).
Par ailleurs en 1645, les protestants « qui payent un maître refusent de consentir à la réception du nouveau maître catholique, M. Faure qu’ils trouvent préjudiciable à leurs intérêts ». Le 6 mars 1689, l’Intendant « oblige les nouveaux convertis à envoyer leurs enfants aux écoles catholiques ». Les archives consulaires indiquent aussi, que des créances des Ursulines de Die (1669 et 1680) ou de Crest (1672) n’ont pas été honorées. En 1724, M Laborit de Castellan remplace le maître d’école « malheureusement assassiné », « il offre d’élever les enfants dans la crainte de Dieu, leur apprendre de bien lire, d’escrire, et de leur enseigner l’arremétique » (2).
La recherche effectuée par Les Études Drômoises « l’Enseignement et la Révolution dans la Drôme » (3) précise que, en 1776, les enfants scolarisés doivent, à Grâne, être âgés au minimum de six ans. La durée de l’enseignement journalier reste variable selon les saisons (de huit heures par jour pendant quatre mois et six heures tout le reste de l’année). Les enfants de divers niveaux sont réunis en classe unique (souvent 50 par classe). A la veille de la Révolution, un instituteur est encore présent à Aouste (1150 habitants) alors que les petites communes avoisinantes n’ont plus les moyens de payer les gages des maîtres.
De 1790 à 1793, de Talleyrand à Condorcet, nombreux sont les projets échafaudés pour l’enseignement. Ils seront suivis de peu d’effets. Or, en 1790 « l’analphabétisme global concernait encore 63% de la population française » (4)
En 1791, le projet de Constitution prévoit la création « d’une instruction publique commune à tous les citoyens, gratuite. Les enfants seraient accueillis dés l’âge de sept ans, les maîtres recrutés par examens...les locaux seraient les châteaux abandonnés... » La réalité est assez différente ; l’accès à l’enseignement reste encore pour longtemps le privilège d’une minorité.
Robert Serre indique, dans son Étude « sur les Écoles Primaires dans le district de Crest » (op cité 3 p 54), qu’à Aouste, en 1791, se pose un problème de local: « l’hôtel de ville étant insuffisant pour l’instruction de la jeunesse et qu’il faudra deux ans pour réunir l’argent nécessaire à une reconstruction ». En 1793, à Aouste, 84 enfants sont scolarisés et en 1796 la municipalité se plaindra du mauvais état des locaux ; la salle de classe a été attribuée à l’administration cantonale (2).
Mais le recrutement des enseignants est aussi difficile: ainsi l’instituteur Lapierre, désireux d’ouvrir une école, est incité le 4 mai 1794, à aller à Beaufort, car la commune lui signe « un certificat de civisme » pour qu’il « ouvre sur le champ » une école (2).
La fonction de l’école est l’apprentissage de la lecture, l’écriture, la connaissance de procédés agricoles, des arts et, essentiellement, l’éducation civique.
Les maîtres doivent aussi conduire les élèves aux fêtes révolutionnaires au cours desquelles les élèves sélectionnés récitent les cinq premiers articles de la Déclaration des Droits de l’Homme, comme à Saillans en 1794, An III de la Révolution. Il a été décidé qu’il devait y avoir une école pour 1 000 habitants mais se pose le problème du recrutement. M. Grimaud enseignera à Aouste et à Grâne. Par ailleurs, les relations avec le clergé ne sont pas apaisées : en 1794, suite à un violent différend avec le curé de Crest, M. Lapierre sera emprisonné à la tour de Crest. (op cité 3)..
A la fin de la Révolution, l’amélioration de l’enseignement ne correspond pas aux divers espoirs ; le XIXe siècle va voir de très importantes réformes.
En 1804 et 1814, les déficits publics justifieront la suppression de la gratuité de l’enseignement, sauf pour les familles indigentes. Napoléon a par ailleurs en 1802, 1806 et 1808 donné à l’Université une organisation et un statut qui se sont globalement prolongés durant plus d’un siècle.
Les lois fondamentales pour l’enseignement primaires sont celles de 1833 : la loi Guizot institue une école de garçons pour les communes de 500 habitants, puis une école de filles, liberté de l’enseignement primaire, fondation des écoles normales, enseignement élémentaire et école de la petite enfance, programme et statuts précisés (6). La loi Falloux de 1850 développe la notion de gratuité et la création d’une école de filles dans les communes de plus de 800 habitants ; elle accorde aussi la liberté d’enseignement aux congrégations religieuses. Les lois Ferry de 1881 et 1882 reverront les programmes et les disciplines enseignés, elles transféreront le financement de l’enseignement public aux communes ou aux départements.
Ceci aura localement des conséquences : à Aouste, en 1823, 60 élèves de six à treize ans fréquentent l’école primaire communale pendant les trois mois d’hiver, le reste de l’année ils ne sont plus que 30, alors qu’il y a 28 à 30 naissances par an (4). En 1838, à Aouste, sont scolarisés à l’école communale, 45 garçons et 15 filles dont 45 catholiques et 15 protestants, 15 garçons et 9 filles ne vont pas à l’école. Les causes sont : « distances trop grandes du domaine et occupations rurales ». 20 filles vont à l’école privée qui fermera provisoirement l’année suivante (4). Cependant, à Aouste, en 1850, sur les 81 ouvriers employés à la « réparation du pont », 32 d’entre eux signent d’une croix les fiches récapitulatives des salaires.
Le Comité local d’instruction publique contrôle les écoles (communales, congrégationistes ou privées. Ce comité est composé du maire, du curé, du pasteur, du notaire et de propriétaires. Il inspecte et visite les écoles et fournit un rapport à l’inspecteur. Il s’intéresse aussi à la vie privée des maîtres. Ainsi, en 1833, Joseph Lagier instituteur en classe primaire élémentaire, doit avoir un certificat de moralité. En 1838, on note, pour les services préfectoraux, si l’instituteur est laïc ou religieux. L’école communale de filles est dirigée par les religieuses comme l’atteste une lettre de l’inspecteur d’académie en 1876.
Sont toujours notées : l’indication de la religion, l’appartenance à une association, la situation familiale. C’est le préfet qui nomme les instituteurs. Rappelons aussi que,par arrêté ministériel du 30 juin 1860, « tout instituteur public doit en entrant en fonction prêter serment d’obéissance à la Constitution (modifiée en 1852) et fidélité au Président » (devenu Empereur). L’accomplissement de cette formalité est constaté par procès verbal dont la formule est adressée pour chaque nomination au maire qui la remplit et la renvoie directement à Monsieur l’Inspecteur d’Académie du département (6). En 1845, 26 chefs de famille protestants signent une pétition pour demander une école communale protestante ;la commune compte 285 protestants. C’est en 1869 que l’école mixte protestante deviendra école communale. En 1878, on aura une école primaire communale mixte dirigée par M. Evesque et une école primaire communale de garçons dirigée par M. Bourdaresche.
Les parents doivent participer au fonctionnement de l’enseignement public (abonnements annuels de 16 francs en 1874), le maire doit transmettre la liste nominative des enfants à admettre gratuitement. En 1861, il y a 7 inscrits par école, en 1866 ce sont 15 garçons et 19 filles, par contre en 1871 le sous-préfet indique au maire « que la liste des enfants à admettre gratuitement est trop étendue... le préfet engage à réviser cette liste » (5). En 1877, le nombre de garçons sera de 26. Les listes indiquent aussi les métiers des parents indigents (cultivateurs, ménagères, domestiques, journaliers) ainsi que parfois « l’origine nationale » des enfants aidés.
En 1876, les autorités préfectorales souhaitent que l’école publique d’Aouste accueille les enfants au-dessous de six ans : « cette commune renferme des fabriques dés lors il y a urgence à assurer le travail des parents en facilitant aux enfants jeunes l’entrée en classe » (5).
Ce trop rapide survol des documents archivés en mairie se doit aussi d’indiquer qu’en 1868, des cours « d’instruction primaire pour les adultes » étaient délivrés. Un document indique qu’à Allex, depuis 1856 existe une « ferme-école de Pergaud » accueillant des élèves apprentis âgés de plus de 16 ans, la formation rémunérée dure trois ans. Les programmes alliaient enseignement théorique et pratique.
Le problème des locaux apparaît. Un projet très intéressant de construction « d’une maison d’école » voit le jour en 1881 « route de Cobonne - rue de Surville.» Les plans prévoient deux écoles (garçons et filles) avec deux classes de 42 élèves chacune, un préau, le logement et les jardins de l’instituteur et institutrice ainsi qu’une école enfantine pour 60 élèves avec préau et jardin. Ce projet ne sera pas réalisé. En 1897, après vingt ans de tergiversations administratives (refus de création de poste d’adjointe à l’école de filles, refus d’autorisation de nouvelle construction...), deux classes de garçons sont aménagées lors de l’agrandissement de l’Hôtel de Ville (la Poste actuelle). Le problème des bâtiments scolaires sera plus important après 1905.
C’est en 1906 que naît le projet de construction d’un ensemble - mairie-école-préau-logements des instituteurs-, au delà de la Drôme, sur une surface totale de 710 m2. Ce sont deux écoles (garçons et filles séparés) pouvant accueillir 96 élèves répartis sur deux classes. Le coût global de la construction achevée en 1913 est de 72 400 francs. Ce projet a été réalisé, comme vingt trois autres écoles de la Drôme, grâce à une aide du ministère (5).
 
(1) Eugène Arnaud : Histoire et description des Antiquités ecclésiastiques et militaires de la ville de Crest en Dauphiné. éd. Gratier et J Rey Grenoble, 1903.
(2) A.C. 1594/1790 Aouste BB 3 à 24 et GG 11 et 22 : Courrier clergés catholique/protestant /écoles.
(3) Études Drômoises : L’enseignement et la Révolution dans la Drôme, mars 1989.
(4) Marianne l’Histoire : l’école de la république septembre-octobre 2011.
(5) archives communales Aouste : 1R1 enseignement primaire 1832-1880.
MN 7 classes primaires 1883 1897.
MN15 bâtiments : Écoles.
(6) extrait du Statut sur les écoles primaires communales 1834 (archives communales 1R1) fiche en annexe.


Voir aussi l’étude sur « l’enseignement congrégationiste et privé catholique à Aouste »

A lire aussi:

  •  Charles Chalamel : Le vieux Crest en Dauphiné, imprimerie  Clavel, 05 Gap, 1979, les   pages 28 et 29 consacrées aux Ursulines à Crest .
  • J M Chapoulie : Organisation de l’enseignement primaire de la 3ème république - 1850-1880. www.inrp.fr
  • Bouchet Gérard : L’école dans la Drôme,La Bouquinerie,Valence, 2006.
  • Jean Louis  Brun : Mémoire de Crestois : Chronique de l’enseignement congrégationiste et républicain, Le Crestois, 1998.


NOTA

1 - Comme l’école, la mairie d’Aouste s’est déplacée au cours des siècles. D’abord située au château, elle se trouvait, au milieu du XIXe siècle, sur l’actuelle place de l’église. Après de longs débats, à la fin de ce siècle, c’est le bâtiment de la Poste actuelle qui l’accueille, et en 1913, elle déménagera au delà de la Drôme.
2 -  Parallèlement à la formation scolaire, à partir de 1859, la formation agricole d' Allex a une durée de 3 ans pour quelques heures par semaine, « il faut avoir 16 ans et être vacciné ». Cette formation permet « d’être bon fermier et bon régisseur ». A C Aouste : GG 11.
3 - 1946 verra l’ouverture, sur décision du ministre d’une école à une classe dans la maison Bonnet, quartier Saint-Alban. En 1962, sera construite « l’école prototype » du Pas de Lauzun, celle ci, après diverses tergiversations, sera fermée en 1985. La construction de l’école maternelle date, elle, de 1978.
4 - L’usine Latune à Blacons dispose, à la fin du XIXe siècle d’un accueil pour les enfants commençant à marcher jusqu’à l’école primaire avec salle de jeux, c’est une employée de l’usine qui s’occupe d'eux. Les activités très diverses de la « petite école » perdureront jusqu’en 1940. Papeteries Latune Mirabel-et-Blacons Historique et témoignage - la vie sociale VIII,  Conseil municipal Mirabel-et-Blacons, 1996.


 

René Descours

 

                                                                  Élèves de l'école communale en 1910 et.....
 

                                                                                           …... en 1900






 

LE CORPS ELECTORAL A AOUSTE 1832-1863
ou l'apprentissage de la démocratie au XIXe siècle.

 

  
Sous l'influence des philosophes du XVIIIe siècle, une nouvelle organisation politique s'est installée en France. Des violences du siècle suivant naissent tous les types de régime politique. Le chemin vers la démocratie fut, en France, très tortueux !
 
 L'Assemblée Constitutionnelle de juillet 1791 avait adopté le suffrage censitaire. La Constitution du 5 Fructidor an III (23 août 1795) établissait que « les jeunes gens ne peuvent être inscrits sur le registre civique s'ils ne prouvent qu'ils savent lire et écrire, et exercer une profession mécanique...».Il est nécessaire pour être électeur dans les communes de moins de 6 000 habitants, d'être « propriétaire ou usufruitier d'un bien d'une valeur évaluée à la valeur locale de 150 jours de travail....». Le Consulat (an VIII) instaure le suffrage universel masculin limité et indirect. Les préfets choisissent et révoquent à leur gré maires, adjoints, fonctionnaires.
 
La Restauration revient au suffrage censitaire favorisant les propriétaires fonciers. Sous la Monarchie de Juillet, les montants du cens (des impôts payés) sont différents selon les types d'élections (municipales ou législatives). Les personnes payant le cens sont électeurs. Il y a trois types d'électeurs : « les électeurs censitaires » - qui peuvent ne pas résider dans la commune - et sur une liste complémentaire appelée liste des qualifiés, « les électeurs censitaires suppléants » et « les électeurs censitaires adjoints » qui eux doivent résider dans la commune et y exercer des fonctions administratives. « De nombreux membres de la moyenne bourgeoisie acquièrent alors le droit de vote »(1).
 
Pour les élections municipales de 1832, les électeurs censitaires doivent être âgés de 25 ans et payer au minimum 200 francs de cens (environ 450 euros, le salaire mensuel effectif d'un ouvrier est de 40 francs pour 15 heures de travail par jour). Pour les élections législatives, l'âge minimum est de 30 ans et il faut payer 500 francs de cens. Les professions libérales et les notables votent, à partir de 100 francs de cens. Suite à diverses modifications, fin 1847, en France, le corps électoral représentera un électeur pour quarante citoyens. Aux élections municipales, tous les électeurs sont éligibles, le maire est nommé par le préfet parmi les membres du conseil municipal. Les maires de chefs-lieux d'arrondissement sont nommés par le roi (1).
 
à Aouste, 55 personnes composaient le corps électoral pour les élections municipales de 1832 (la population totale de la commune était, en 1831, de 1148 personnes). La liste des électeurs indique nom, prénom, profession, titres et fonctions, contribution versée et lieu de résidence. « La contribution aux impôts » la plus élevée est de 394 francs. L'ordre d'inscription sur la liste électorale est celui de la  « contribution aux impôts ». Les électeurs sont tous propriétaires fonciers ou délégués de ceux-ci, sauf Pierre Gresse capitaine de la garde nationale et notaire et Rolland Joseph officier. Le maire est le contribuable le plus imposé. Les électeurs résident soit sur la commune, soit à Lyon, Crest, Allex, Chabrillan, Die. Les premiers électeurs sont Antoine Tavan maire, Jean Pierre Achard receveur général, Athenor Jean Louis juge de paix, Faure Laurent, Peloux Henri fabricant de papier. 110 électeurs composeront le corps électoral de 1835 (2).
 
Au XIXe siècle, l'apprentissage de la démocratie se fait très lentement ; être électeur est considéré par certains comme « une fonction et non un droit »(1). En 1832 les critères financiers servent aussi la stabilité du pouvoir politique. De 1832 à 1848, le nombre d'électeurs augmentera. C'est la Révolution de 1848 qui instaurera le suffrage universel uniquement masculin ! Le rôle des élus sera quatre ans plus tard sérieusement limité par Napoléon III. Le déroulement des élections est différent de celui que nous connaissons : il faudra attendre 1913 pour que l'isoloir soit obligatoire. La loi municipale de 1855 organise ainsi le vote : appel nominatif des électeurs par ordre alphabétique, ceux-ci apportent un bulletin sur papier blanc préalablement rédigé, ce bulletin fermé est remis au président sans enveloppe, le président le dépose dans l'urne, un des membres du bureau atteste par sa signature que l'électeur a voté, le scrutin dure trois heures. Par ailleurs, les délibérations du conseil municipal ne sont pas publiques.
 
à Aouste, en 1863, 420 électeurs sont inscrits dont 30 électeurs militaires ; à cette époque le cens n'est plus discriminatoire, la profession est indiquée sur les listes électorales, ainsi, 50% des électeurs sont cultivateurs. à Aouste 21 activités artisanales différentes (charron, « étaminier », horloger, moulinier...) sont répertoriées. En 1863, un tiers des électeurs inscrits n'a pas voté (2).
 
 « L'apprentissage du politique » sera, par la suite, favorisé par le développement de l'instruction et la liberté de la presse assise sur une très grande variété de titres et d'opinions (1).
 
 
- « Electeurs et élections sous la Monarchie de Juillet » conférence de David Colon, 7 novembre 2001,
      www.david.colon.pagesperso@orange.fr/Sciences-Po/elections.pdf
- A.C. Aouste : listes électorales de 1832 à 1871 1K
 
A lire aussi : Alain Sauger : La Drôme, les drômois et leur département 1790-1990, pages 72/73, La Mirandole, 1995.
 
On lira aussi avec intérêt, les pages consacrées à la Restauration et à la Deuxième République dans l'essai de Joël Schmidt : Naissance et mort des républiques françaises, éd. DDB 2012, ainsi que l'étude d'Alain Garrigou : Histoire sociale du suffrage universel en France, Point histoire, 2002
 
 

René Descours

 

 

 Consuls et Maires d'Aouste de 1625 à 2014

 


En 1694 et 1695: maire perpétuel* Daniel Lamende
1696 à 1704 : ? (absence d' archives)
1705 à 1717: maire perpétuel Daniel Lamende
1718: maire perpétuel Gaspard Gaillard
1719 à 1743 : ? (absence d' archives)
1744 à 1749: Georges Achard maire perpétuel
1750 à 1768: Jean Guiremend maire perpétuel
 
* Maire perpétuel est un office institué par Louis XIV en 1692, acheté par des notables aisés. C'est une charge honorifique et héréditaire dont le bénéficiaire n'est pas un élu.
  

 

Maires de 1790 à 2014*
 

 * Joël Mottet maire de 1995 à 2001 et de 2001 à 2008, Raymond Riffard de 2008 2014 et depuis 2014 Denis Benoit.

 


 


ENGAGEMENT D'UN PROFESSEUR A CREST EN 1515

 

 
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